Histoire des écoles de Revel-Tourdan
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    Retracer l'histoire des écoles de Revel-Tourdan est chose relativement complexe. Les documents les plus anciens que nous ayons pu recueillir nous rappellent qu'un magistri scolarum reçoit une rémunération portée sur les comptes de châtellenie du Moyen-âge. Ceci dit, il faut attendre le XVIIIème siècle pour voir apparaître régulièrement le Maître d'école dans les comptes-rendus de délibérations de la Communauté de Revel et les registres paroissiaux. A cette époque,seul le bourg semble bénéficier des services du maître rémunéré et logé par la communauté. En 1729, le Sieur Dreveton remplit les fonctions de Maître d'école et est également chargé de remonter l'horloge.

    Au cours du XIXéme siècle, les comptes rendus de délibérations du Conseil municipal rapportent régulièrement les gages accordés au Maître d'école. Par exemple le 9 brumaire an X, le Maire de Revel, Reymond, et celui de Pisieu, Patras, d'après l'avis des conseils municipaux des 2 communes, ont choisi le citoyen Jean Joseph Augustin Borel (*natif de la commune de la Salle, Hautes Alpes) pour instituteur, à l'effet d'enseigner la jeunesse pendant l'espace de 5 mois cosécutifs. Ils lui ont fixé son logement tant pour lui que pour l'instruction dans un des appartements du presbytère (probablement l'ancienne cure de Revel aujourd'hui détruite, située à l'est de “L'Escapade”), formant aujourd'hui la maison commune. La délibération rapporte qu'il a été convenu pour les 3 classes d'instruction, savoir 10 sous pour la première classe des commençants, 15 sous pour la seconde classe de lecture et d'écriture et 24 sous pour la troisième classe de lecture, écriture et arithmétique, par mois. Il recevra en outre de la commune un gage de 72 francs pour les dits 5 mois. Entendu que le dit citoyen Borel donnera les soins requis à cet égard à ses élèves tant pour l'instruction que pour la religion et les bonnes mœurs, veillera en tant qu'il sera en son pouvoir à ce que ses élèves se conduisent même au dehors avec la décence convenable à tout citoyen honnête. Signé, les maires de Revel et Pisieu, Jean Joseph Augustin Borel.

    Des enseignements sont ainsi donnés aux habitants des communes de Revel-Tourdan et de Pisieu en ce début de XIXème siècle. Ceci dit, comme vous avez pu le lire ci-dessus, le maître n'est engagé que pour une période de 6 mois et semble renouvelé chaque année. La plupart des enseignants dont on a pu retrouver l'identité sont originaires du département des Hautes Alpes, grand département pourvoyeur d'instituteurs tout au long du XIXème siècle.

    L'impact de la loi Guizot en 1833 et surtout la loi Ferry en 1881, n'ont pas encore été clairement étudiés. Nous ne savons pas à ce jour à partir de quand les instituteurs furent nommés par l'Inspection Académique et non plus engagés par la commune.

    Cependant c'est à la fin du XIXème siècle que l'école publique puis laïque s'installe dans la France rurale et à fortiori à Revel-Tourdan. C'est à cette même époque qu'apparaissent les premières photos de classe que nous vous proposons de découvrir sur ce site.

    Les plus anciennes photos recueillies par Charles Colas représentent les enfants de Tourdan en 1887, les filles et les garçons de Revel en 1890. En cette fin de XIXème siècle, la commune possède 3 classes, lieux d'enseignement plutôt que véritables écoles au sens où nous l'entendons aujourd'hui. A Revel, la classe des filles est installée dans la maison de l'actuelle Agence Postale, celle des garçons, à l'étage du foyer rural et à Tourdan, la classe est installée dans l'ancien prieuré.

    C'est en 1890, que les enfants de Tourdan intègrent l'école que l'on connait sur la place et seulement en 1912, que ceux de Revel intègrent le Groupe Scolaire-Mairie avec ses 2 classes, une pour les filles et l'autre pour les garçons. Cette configuration sera celle que l'on connaitra quasiment durant tout le XXème siècle. Nous ne connaissons pas à ce jour à partir de qu'elle année la mixité a été instaurée à Revel alors qu'elle existait depuis l'origine à Tourdan même si l'école comprenait une entrée pour les filles et une autre pour les garçons.

    D'après les souvenirs de Madame Yvette Reynas : en 1957 , lors de ma nomination à l'école de Revel, dans la “classe des petits” (enfants de 5 à 9 ou 10 ans),il y avait dans la classe des grands (enfants de 9 à 14 ans) des enfants de Tourdan que certains parents envoyaient à Revel pensant qu'ils seraient mieux suivis dans une classe de 3 niveaux (CM1-CM2-Cours de fin d'études) que dans la classe unique de Tourdan avec ses cours plus nombreux. C'était déjà le cas au cours des années précédentes.
    De 1965 à 1970, sur ordre de l'inspecteur de l'Education Nationale, pour réduire l'effectif de l'école de Tourdan et le nombre de cours, tous les enfants âgés de 12 ans qui n'étaient pas entrés en 6ème furent obligés d'aller terminer leur scolarité primaire à l'école de Revel dans le cours de fin d'études pour être présentés à 14 ou 15 ans à l'examen de Certificat d'Etudes (examen supprimé en 1973).
    De 1970 à 1977, pour que l'effectif de la classe unique de Tourdan ne dépasse pas 20 élèves, ce furent les enfants entrant au CM2 qui durent à leur tour “monter” à Revel pendant un an pour y terminer leur scolarité primaire.
    De 1977 à 1984, la classe de Tourdan étant moins chargée, les enfants n'eurent plus besoin “d'émigrer” à Revel. A la rentée de 1984, l'école primaire de Tourdan disparait et devient une école maternelle. A cette date, l'école de Revel devint la seule école primaire élémentaire de la commune accueillant tous les enfants de 6 ans jusqu'à leur entrée en 6ème.

    Cette configuration fut à nouveau modifiée avec la création du regroupement scolaire Revel-Tourdan-Pisieu en 1987. A partir de cette date, les enfants de 3 à 5 ans se rendaient à l'école maternelle de Tourdan, les CP, CE1, CE2 étaient installés à Revel et les CM1-CM2 étaient à Pisieu. La création de l'école maternelle de Pisieu et la construction du nouveau groupe scolaire de la Perlande en 1996 modifieront à nouveau les choses pour aboutir à la situation actuelle : la maternelle à Pisieu et l'école primaire à la Perlande.
                                                                                 Lionel POIPY
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